Le confort de l’inconfort : une prison mentale à briser en Haïti .
Harry-Kervenson LOUIS Le confort de l’inconfort : une prison mentale à briser en Haïti L’être haïtien semble parfois trouver plus de confort dans l’inconfort que dans la conformité. Cette réalité n’est pas seulement une observation sociale : c’est un problème politique majeur. Car un peuple qui s’habitue au désordre devient plus facile à gouverner dans le chaos. Depuis des décennies, Haïti vit dans une instabilité presque permanente. Crises politiques, institutions fragiles, services publics défaillants : tout concourt à faire de l’anormal une habitude. Face à cela, le peuple haïtien a développé une capacité exceptionnelle d’adaptation. Nous savons survivre là où d’autres s’effondreraient. Mais cette force est devenue, paradoxalement, notre faiblesse. À force de s’adapter à tout, nous finissons par tout accepter. Nous acceptons les retards comme une norme. Nous acceptons l’absence de règles comme une réalité. Nous acceptons l’improvisation comme mode de fonctionnemen...